La bulle des années 80 vue et vécue par un professionnel du diamant

Précédemment, nous vous avions présenté Daniel Paillasseur, fondateur de la joaillerie de luxe Korloff et associé à KLP, bourse diamantaire internationale à Anvers. Professionnel du diamant d’investissement depuis les années 70, il porte un regard éclairé sur la bulle qui a explosé dans les années 80, causée par l’absence totale de réglementation. Interview.

 

DiamondSpot : Racontez-nous « de l’intérieur » ce qui s’est passé avec le diamant dans les années 80 ?

Daniel Paillasseur : « Il y a toujours eu une absence de réglementation de la publication des cours du diamant.

Ce qui s’est passé dans les années 80 ? Des vendeurs peu scrupuleux se sont mis à vendre du diamant et ont créé un petit business qui complètement discrédité la profession.

Ils se sont mis à vendre des diamants sans aucune déontologie, sans aucune rigueur. Il régnait alors une absence totale de règles, les cotations étaient complètement artificielles et les marges abusives.

 

Des diamants de 1 carat plus chers que des diamants de 1,25 carat

Plus il y avait de vendeurs, plus il y avait de diamants mis en vente et plus les prix montaient.

Le problème est qu’ils se sont tous mis à vendre du diamant d’1 carat ; la demande créée, alimentée et stimulée par la presse financière, était tellement forte qu’1 diamant de 1 carat coûtait plus cher qu’un diamant de 1,25 carat. L’union des diamantaires créait sa propre cote et c’était n’importe quoi.

A cette époque, ce qu’on appelle maintenant familièrement le boursicotage était devenu grand public.

 

L’absence de cotation officielle faisait défaut

Pour acheter de l’or, un bien immobilier, une voiture ou du vin, on a des cours officiels, mais pour le diamant, on a strictement rien, à par les prix publiés par RAPAPORT pour les professionnels.

 

En 1978, le problème était que les prix affichés incluaient la marge des professionnels à l’intérieur. Du coup, il était très difficile de revendre les produits et cela a fini par créer un engorgement sur le marché, c’est notamment ce qui a causé une bulle. Un diamant n’est revendable que si son prix est dépourvu de toute commission commerciale, de toute marge. Qu’on vende ou qu’on achète, on doit toujours séparer la facture deux, l’une avec le prix du produit brut et l’autre avec la commission professionnelle.

 

C’est ce que l’on fait pour les diamants de taille Kcut dont la société KLP fait la promotion. C’est pourquoi la taille Korloff (Kcut) est la seule taille reconnue qui est cotée en bourse. La cotation est établie chaque vendredi et est publiée tous les jours dans lesechos.fr. Les prix sont affichés en dollars par carat HT, hors frais 7%. »

 

Comments are closed.